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Le 9 septembre 1943, la Corse se libère. La situation stratégique de l'île au cœur de la Méditerranée occidentale en fait la clé de voûte des plans alliés. Elle se couvre ainsi de dix-sept camps d'aviation qui lui valent le surnom affectueux d'U.S.S. Corsica Un de ces camps à Fiume d'Alesani près d'Alistro et un hôpital militaire à e Piane près de Cervione

18 May

Théodore de Neuhof roi de Corse

Publié par Francescu tragulinu

Théodore de Neuhof roi de Corse

Ce  Mercredi 25 mai 2022

 

Des Visiteurs de marque

à la Chapelle Santa Cristina

et au

Musée de Cervione

avec

 

Susanne Neuhoff

 

descendante du Roi Théodore

à gauche sur la photo

Avec  Marie-Claude Bourdet- Santolini

Quatrième de couverture

 

 

Un aventurier européen du XVIIIe siècle

Le 5 avril 1736, Anton Francesco D’Angelo, le vice-consul de France en poste à Bastia, informe le ministre Maurepas de l’accostage, quelques jours auparavant à Aléria, d’un navire anglais que l’on dit avoir été armé par le consul d’Angleterre à Tunis. A mis pied à terre un « Personnage » habillé à la longue d’un habit écarlate, portant épée, canne, perruque et chapeau. Les chefs corses qui se sont déplacés pour le recevoir lui donnent le titre d’excellence et de roi de Corse.

Bientôt l’on apprendra qu’il s’agit de Théodore, baron de Neuhoff, qui se proclame par ailleurs lord anglais et Grand d’Espagne. Un rapport anonyme, rédigé courant d’août, le décrit comme un homme de bonne prestance, de haute stature et à l’embonpoint prononcé qui parle italien avec un fort accent allemand.

Dès les premiers jours, il ne cache pas son intention de ceindre la couronne de Corse, ce qui adviendra le 15 avril. Débute alors un règne éphémère de sept mois qui permit à la révolte des Corses contre les Génois de rebondir. Mais, bien plus que ce règne d’un été, encore mal connu, c’est la longue dérive qui suivit son exil et sa fin miséreuse qui enflammèrent l’imagination de ses contemporains. Les plumes acérées de Voltaire, du marquis d’Argens ou encore d’Horace Walpole sculptèrent définitivement ensuite la statue du roi Théodore.

Théodore de Neuhof roi de Corse
Rencontre avec les chefs insurgés

C'est dans ce contexte que Neuhoff s'intéressa à la cause insulaire et entre en contact avec des Corses hostiles à Gênes. Fin décembre 1733 - début janvier 1734, plusieurs rencontres réunissent Théodore et divers chefs insulaires, à Livourne. Ceux-ci jusqu'alors d'accord pour œuvrer à une souveraineté espagnole dans le respect des droits et prérogatives d'une représentation insulaire étaient alors confrontés au transfert des ambitions espagnoles de la Toscane promise à don Carlos, vers Naples et la Sicile dont les troupes espagnoles entreprennent pour lui la conquête dans le cadre de la Guerre de succession de Pologne20.

Ces rencontres se conclurent par un accord entre Neuhoff, Luigi Giafferi, Sebastiano Costa, Erasmo Orticoni et le capitaine Antonio Francesco Giappiconi - alors au service de l'Espagne, mais apparenté aux Corses de Venise proches de Giafferi - en faveur d'une solution indépendante. Ces rencontres sont aussitôt dénoncées auprès des Espagnols par Gian Andrea Ceccaldi - indéfectiblement attaché à l'Espagne - et Don Giovanni Aïtelli, qui se révélera être un agent génois, ces deux derniers ignorant toutefois le teneur réelle des accords avec Neuhoff21.

Le contenu politique de ce projet est exposé dans le Disinganno interno alla guerra di Corsica, paru en 1736 22.

Élection et règne direct (15 avril-10 novembre  1736)

Neuhoff débarqua à Aléria le 20 mars 1736. Le choix du lieu implique que Saverio Matra avait été associé au projet, car le débarquement eut été sans cela bien trop risqué, tant ce puissant chef de clan était maître incontesté des lieux. C’est sous la protection et avec l’aide de Matra, que Neuhoff mit en scène son arrivée : magnificence, cadeaux aux spectateurs, courrier aux généraux.

L’arrivée de Théodore permit de rassembler pour la première fois les principaux clans insulaires sur un projet commun et un même chef.

Le dimanche 15 avril 1736,

à  Alesani

une assemblée largement représentative des deux versants des monts adopta la constitution rédigée par Costa qui institua le royaume indépendant de Corse et fit de Neuhoff le roi constitutionnel des Corses sous le nom de Théodore 1er.

Théodore prit lui-même le commandement de l’armée nationale, assisté de Giappiconi, nommé capitaine de la garde royale. Les généraux Luigi Giafferi, Giacinto Paoli et Luca d’Ornano partagèrent le premier rang de préséance. Le cabinet de la guerre fut confié à Jean-Pierre Gaffory et à Simone Fabiani. La justice et plus généralement l’administration furent confiées à Sebastiano Costa, garde des sceaux et premier ministre de fait.

Le régime adopta tous les attributs de la souveraineté : lois souveraines, ordre de noblesse national, frappe d’une monnaie, constitution d’une armée, et projeta de se doter d’une université.

Théodore déclara une guerre totale à la république de Gênes. Il établit l’hôtel de la monnaie, s’assura de la possession des ports d’Aléria et de Porto Vecchio, ordonna le siège de deux principales places génoises, Bastia et San Pellegrino, et marcha en personne sur la Balagne. Le 2 juin, il rallia le Nebbio et établit son état-major à Patrimonio. Mais après de premiers succès la campagne s’enlisa dans le siège de Calenzana et tourna au désastre à la suite de l’assassinat de Simone Fabiani. Cet échec permit à Giacinto Paoli d'organiser une cabale qui provoqua la dislocation progressive du régime. Malgré l’échec des velléités de contre-offensive génoise et l'accueil de ses partisans du sud de l’île, Théodore fut contraint de partir à la recherche des moyens financiers et militaires nécessaires au rétablissement de son autorité. Ce qu’il fit le 10 novembre 1736, où il s'embarqua à Solenzara après avoir confié le pouvoir à un conseil de Régence.

Un souverain éphémère

Théodore de Neuhof roi de Corse

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Le 9 septembre 1943, la Corse se libère. La situation stratégique de l'île au cœur de la Méditerranée occidentale en fait la clé de voûte des plans alliés. Elle se couvre ainsi de dix-sept camps d'aviation qui lui valent le surnom affectueux d'U.S.S. Corsica Un de ces camps à Fiume d'Alesani près d'Alistro et un hôpital militaire à e Piane près de Cervione